Michelangelo MODICA
Peintre
Une idée qui m’est chère entre toutes
c’est que L’ART, même s’il n’exprime pas
directement un drame quelconque, traduit toujours un état de drame
spirituel ou moral et le plus souvent à l’insu de son créateur.
Dans
ce monde discontinu et chaotique ce qui manque le plus c’est l’état de grâce de l’enfance : la
plupart d’entre nous n’y voit aucun inconvénient parce
que peu d’entre nous éprouvent le besoin de réaliser
cette sublime unité où réside le vrai bonheur.
Ce sont souvent les religions parce
qu’elles tendent à vouloir
unifier le monde en appelant cette unité Dieu, qui font fortune
auprès des âmes avides de plénitude et de perfection.
Mais certains esprits sont plus exigeant,
il faut qu’ils
découvrent seuls, qu’ils fondent leur religion propre en
rejoignant la religion de leurs pères et de leurs frères
dans le difficile combat qu’ils livrent avec la page blanche, la
partition ou la toile.
L’ART est toujours cet effort au sein de la plus totale
anarchie de reconstruire l’unité de la forme universelle,
ce qui revient à dire de leur forme propre. Plus une âme
est grande, plus elle est condamnée à déchirer son
mystère et à chercher sans répit dans le mystère
de l’abstraction tout ce qui rit ou pleure dans ses profondeurs.
Quant nous voyons venir de ce Nord
qu’elle aime et qu’elle
revendique, cette petite femme entourée du cortège de ses
toiles lumineuses, nous comprenons en voyant les bleus obscurs, les roses
veloutés, la matière pétrie, que les rires et les
pleurs entassés dans son cœur sont ses secrets de femme et
de petite fille, nous comprenons que sa peinture est comme une lamentation
souriante et discrète ce qui la rend encore plus émouvante
et plus riche.
Si l’ombre masque le plus souvent la lumière,
celle-ci nous apparaît d’autant plus précieuse.
D’ailleurs il me semble que ce soit ce qui l’émeut
le plus :
La lumiere comme substance de la vie Marie la cherche et la retrouve
partout, et c’est parce qu’elle s’adresse à elle uniquement
qu’elle discerne les nuances les plus secrètes des aspects qu’elle
prend et sait les exprimer sans se préoccuper de la signification que
les autres voudront y trouver.
Comme toutes les personnalités
absolues, Marie FAGLIN conserve dans son travail de peintre cette gravité respectueuse
et cet enthousiasme concient qui sont la vraie religion.
Dans le silence de son atelier Marie
peint….. et au fond
si elle peint n’est-ce pas pour réaliser son bonheur … et
le nôtre ?