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C.
DESJADES garde de sa jeunesse passée en Algérie
le goût du bonheur au soleil et des couleurs ardentes.
Professeur de lettres et arts plastiques, puis Inspectrice de l'Education
Nationale , elle a animé en tant que
formatrice des ateliers d' analyse et de création : Chagall, Mathieu,
Klee , Kandinsky , elle a enseigné aussi en faculté la Rhétorique
de la mise en scène théâtrale.
C.Desjades écrit et illustre des livres pour enfants, et a publié
chez Nathan un livre pédagogique : " Imaginaire et écriture" et
" "Thèmalire"
Elle réalise des décors pour le ballet "Passages de la Compagnie de Danse
Sylvie L.
La couleur, l’huile, comme une matière à sculpter
du tranchant ou du plat de la lame, la couleur pour faire naître
sur la toile des mondes de bonheur. C. DESJADES laisse sa main gauche
jouer un ballet, prendre une cadence folle, accélérer encore
puis ralentir et s’arrêter pour recommencer plus loin
la danse radieuse.
C’est le matin et sa claire lumière qui inonde les chemins
de Provence. Bientôt les ciels s’embrasent avec la garance
des ors rouges et violets. Ou bien, c’est l’après-midi,
dans des jardins habités d’amoureux ou d’amis ou bien
c’est le soir, dans des pièces où le rubis du vin
s’allie aux velours des murs et à la musique. Les personnages
traversent l’espace comme l’espace les traverse. Ils laissent
les couleurs venir en eux, ils animent leur transparence d’une émotion
si forte qu’elle gagne celui qui les regarde.
C’est une peinture toute simple, juste pour une brève échappée
dans la joie. Ce sont les couleurs qui arrivent les premières.
Elles s’installent
sur la toile, la plupart du temps pour figurer un paysage, sans l’idée
préconçue d’une scène. Et la toile attend,
et le peintre attend que passent des personnages. Recherche active. Au
détour d’une photo, d’une image de magazine, d’une
rencontre, il y a fulgurance, télescopage entre les touches de
couleurs et l’être qui va habiter la toile. C’est un
peu comme si un metteur en scène forgeait un décor et que
ce décor appelle des personnages à sa mesure. Une forme,
une couleur semblent indiscutablement destinées à accueillir
un humain, à condition qu’il soit discret, c’est à dire
qu’il se laisse traverser. L’espace qui était premier
continue d’exister. Il ne saurait être interrompu de façon
trop nette.Il tolère un contour vivant, des lignes qui suggèrent
mais qui ne bornent pas totalement, des couleurs aussi. De cette liberté,
les personnages tirent un côté éphémère,
ils vivent dans l’instant, en traversant l’espace qui les
traverse. (Claudette LECUYER)
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